© Florent CARDINAUX

Interview : Florent CARDINAUX

Après "D'une aube à l'autre", Florent CARDINAUX publie aujourd'hui son second ouvrage "Ombres d'ailes", livre photographique au fort pouvoir évocateur. Livre d'images mais avant tout livre poétique mettant au service de l'image une pensée, une poésie et un savoir-faire, Florent nous livre à travers ces confidences ce qui l'a poussé à chercher ces lumières si particulières. Rencontre.

I&N : Bonjour Florent, pouvez-vous vous présenter brièvement à nos lecteurs ?
Florent CARDINAUX : Bonjour Samuel, je vous remercie vivement de m’accorder cet entretien.
Je suis né en 1976 en vallée du Doubs, sur les contreforts du massif jurassien. Passionné par la Nature depuis l’enfance, je pratique la photographie depuis l’âge de 19 ans. Je me professionnalise en 2004 avec mon entrée dans l’agence BIOS. Je publie depuis deux livres de photographie : « D’une Aube à l’autre » (éditions Titom) en 2008 et « Ombres d’ailes » (éditions Un Monde Lent) en 2013.

I&N : « Ombres d’ailes », votre second ouvrage, est récemment sorti, racontez-nous la genèse du livre.
Florent CARDINAUX : Il s’agit d’un livre auquel je ne m’attendais pas à vrai dire… Je travaillais sur un autre projet il y a un an quand William CHAUVIN, l’auteur des haïkus de « D’une Aube à l’autre » est venu me rendre visite avec l’intention de créer une maison d’édition (Un Monde Lent) et de lancer un premier livre avec moi. Avant de donner mon accord, j’ai consulté ma photothèque et j’ai réalisé que j’avais suffisamment d’images pour l’illustrer, il manquait juste quelques prises de vue complémentaires. L’aventure de l’édition d’ « Ombres d’ailes » s’esquissait sur la toile de l’inspiration…

I&N : A quelques exceptions près, l’essence du livre est basée sur la photographie d’ombres chinoises. Pourquoi ce thème et quel en a été le déclencheur ?
Florent CARDINAUX : J’ai entamé cette recherche d’abstraction de mes sujets au début des années 2000. Après avoir réalisé pendant des années de belles macrophotographies de papillons, je cherchais un moyen de renouveler mon regard, pour ne pas m’enliser artistiquement. En consultant un numéro de la revue allemande Naturfoto, j’ai repéré quelques photos de fleurs prises en ombres chinoises avec un rond de soleil flou en arrière-plan. J’ai voulu approfondir cette vision nouvelle, quand un soir le vent puissant dans la prairie m’interdisait une image nette, j’ai alors abaissé mon reflex pour cadrer le ciel : c’est à cet instant que tout a débuté. Cependant, il faut s’imaginer qu’en 2000 les forums de photographie en étaient à leurs balbutiements, il n’y avait pas de dossiers pratiques comme on peut en trouver aujourd’hui dans le magazine Image & Nature. J’ai donc expérimenté patiemment et seul ces prises de vue crépusculaires avant d’en maîtriser tous les raffinements, cela m’a pris un ou deux ans avant d’être sûr de moi techniquement et de laisser s’exprimer l’élan nouveau de ce rêve…

I&N : Avec un thème aussi précis, il est tentant de s’enfermer dans un type d’image et pourtant le lecteur n’éprouve pas de lassitude en tournant les pages. Quel est votre secret ?
Florent CARDINAUX : En réalisant ces photographies au fil des années, j’ai toujours eu à l’esprit de ne pas me répéter. Chacune d’entre elles a été le point d’orgue d’une réflexion, d’une remise en cause permanente de la portée de ce travail. En choisissant plusieurs focales, mon sac photo s’enrichissant sur ces 13 années de terrain, j’ai ainsi diversifié les angles d’approche, mettant à profit également le caractère singulier de chaque matin de brume ou de chaque crépuscule. Quelques moments magnifiques à la recherche de l’harmonie dans une quête patiente et obstinée ont fait le reste…

© Florent CARDINAUX

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I&N : Au fil des pages on navigue entre différentes ambiances, du petit matin chargé de brume au soir d’été baigné de soleil. Comment avez-vous imaginé une unité au sein de ses différents axes et au sein des nombreuses images que vous avez glanées ?
Florent CARDINAUX : Quand on entreprend un livre il faut trouver un fil conducteur, y raconter une histoire a contrario  d’un simple portfolio où les images peuvent se suivre sans cohérence obligée. L’étincelle de départ a bien sûr été les ombres chinoises, mais pour maîtriser le feu de la création le thème a été limité aux ailes de la Nature, essentiellement les papillons, libellules et oiseaux. Il faut ainsi beaucoup d’images au départ de l’intention, dans le cas présent plus de 400 photographies différentes, pour n’en garder au final que 71. En esquissant la maquette d’ « Ombres d’ailes », j’avais déjà un synopsis du livre réalisé avec l’éditeur suite à une réflexion que nous avons menée ensemble. Il me restait à combler le vide de ses chapitres en travaillant par doubles pages, obtenant ainsi une homogénéité de tons et de rendus de lumière.

I&N : Quelques images sont totalement dénuées d’ailes et le sujet devient alors l’embrasement du ciel ou la lune, elles opèrent ainsi comme des respirations au sein de l’enchaînement des images, comment avez-vous pensé à les intégrer ?
Florent CARDINAUX : Déjà dans mon premier livre j’avais aimé ces respirations célestes qui coupent une série d’images d’animaux et permettent de poursuivre le voyage sans heurts. La pleine lune a été réalisée le même soir que la photo de sterne qui atterrit sur sa branche, au retour d’un affût flottant, alors que j’avais accosté ma barque sur la plage de la rivière. Les ronds de lumière ont été photographiés un soir d’affût aux blaireaux, alors que j’attendais leur sortie, au téléobjectif de 500 mm. Ce sont des moments de contemplation saisis au hasard d’autres chemins de la quête, que j’ai voulu intégrer dans « Ombres d’ailes » pour que le lecteur se replace dans l’environnement des prises de vue.

I&N : La série avec les mésanges est peut-être la plus dynamique, de par l’attitude naturelle des protagonistes et les supports choisis. N’aviez-vous pas peur qu’elle efface une partie du reste ?
Florent CARDINAUX : Je ne réalise plus ces prises de vue de mésanges en ombres chinoises depuis 2009, mais durant sept hivers j’ai accumulé les images sur ce thème en choisissant des branches d’alisier torturées poussant sur une corniche rocheuse en vallée du Doubs. Cette série a été très formatrice pour ma photographie, à un moment j’en ai même imaginé un livre en grand format s’articulant autour de poésies choisies. J’ai voulu l’intégrer au livre pour cette raison, je ne pense pas qu’elle efface le reste ; elle fait partie de mon travail sur les ombres d’ailes et je la dévoile sans arrière-pensée…

I&N : Parmi l’ensemble des images du livre, l’une d’elles a-t-elle votre préférence ? Si oui, laquelle et racontez-nous son histoire.
Florent CARDINAUX : Difficile de faire un choix, chaque image est différente, elle est le delta d’un cheminement particulier du cours de mes pensées. Je mets tout de même en avant cette image de deux papillons en plan large sur des tiges de succise. Depuis quelques années j’avais cette idée en tête de réaliser un tableau naturel de tiges avec deux papillons dans le même plan sur un fond crépusculaire. Un soir, la Nature m’a offert cette vue dans des tons roses, prise très tard au bord de la nuit. Je pense que la couleur particulière de cette image est due au temps de pose d’une minute à 50 ISO, pendant lequel insidieusement le rose a pris le pas sur le jaune éteint du fond de ciel.

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I&N : Pour une sortie « Ombres d’ailes », que contient votre sac photo ?
Florent CARDINAUX : Beaucoup trop de choses ! Je suis un adepte des sacs photo lourds, plus de 15 kg à chaque sortie sans compter le trépied. J’ai toujours peur de manquer de l’objectif idéal qui correspond à ma recherche du moment. J’emmène ainsi souvent un moyen format Pentax 6*7 et deux optiques 55 et 100 macro, ainsi qu’un équipement complet en Nikon 24*36, constitué de 4 boîtiers manuels, du F2As au F3Hp en passant par le FM2 et le F5, deux grands-angles de 20 et 28 mm, les trois micro-nikkor (55, 105 et 200 mm), enfin un 300 mm en version f/4 ou f/2.8. Le téléobjectif de 500, puis maintenant 600 mm vient en complément pour des prises de vue plus centrées sur les oiseaux.

I&N : Maintenant que le projet a abouti, réalisez-vous ou comptez-vous encore réaliser ce type de prise de vue ?
Florent CARDINAUX : Je pense ne pas avoir encore complètement creusé ce sillon des ombres d’ailes, ce printemps j’ai d’ailleurs déjà réalisé plusieurs images sur le sujet. Je pense aussi le traiter d’une manière différente, pour tout dire j’ai quelques pistes à explorer, mais il est encore trop tôt pour tout dévoiler. Laissons simplement faire le temps et les idées, je suis assez philosophe sur ce point…

I&N : A l’heure de la surconsommation de l’image, qu’est-ce qui, pour vous, est gage d’une certaine qualité dans la démarche photographique ?
Florent CARDINAUX : Une photographie ne se résume pas à un simple déclenchement, il faut avoir une vision d’unité dans son travail. Qu’est ce qui détermine la qualité d’un regard ? Personnellement j’y ai mis beaucoup de mon expérience de vie, il faut s’engager entièrement dans une démarche de photographe et y croire, contre vents et marées. Sans doute chaque image réussie est-elle un sursaut d’espoir dans un quotidien semé d’embuches et de doutes, une manière d’accéder à un monde fait d’harmonies de couleurs et de lumières. Mystique sans doute, mais le simple fait de photographier y participe déjà. Une dernière chose : toujours faire confiance à son intuition et ses sentiments, il suffit juste de se laisser guider en ne laissant pas le raisonnement prendre le pas sur la création.

I&N : La photographie de nature connaît un certain engouement depuis plusieurs années, quel est, d’après vous, le secret pour sortir du lot tout en restant fidèle à une éthique naturaliste ?
Florent CARDINAUX : L’essentiel tout d’abord est de respecter son sujet, qu’il soit papillon, libellule ou oiseau en ne le mettant pas en danger par son action. Quand je nourrissais mes mésanges avec des graines de tournesol en hiver, je poursuivais cette action jusqu’au mois de mars pour ne pas qu’elles soient privées de cette habitude, ensuite la belle saison pouvait prendre le relais. Il faut trouver sa voie artistique, le filon rare qui vous permettra de vous distinguer des autres. Cependant tout est en perpétuelle évolution et moi-même je me remets en question d’année en année pour ne pas me répéter et trouver d’autres approches. Vous devez avoir cela en vous, c’est si simple et pourtant si compliqué à mettre en œuvre…

I&N : Quel regard portez-vous sur la multitude de jeunes talents ayant émergé ces dernières années ?
Florent CARDINAUX : Je suis un observateur attentif de l’évolution de la photographie nature et parmi les jeunes photographes certains m’impressionnent par leur maîtrise technique et leur originalité à parfois seulement 20 ans. Mais le travers dans lequel ne pas tomber est de copier les visions déjà engagées par leurs aînés. On commence souvent comme cela car le plus difficile est de trouver son propre chemin en ne mettant pas ses pas dans les empreintes du passé. Toutefois je suis assez rassuré sur leur intégrité, la plupart avancent avec leurs propres idées sur la photographie.

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I&N : Vous êtes aujourd’hui connu et reconnu pour votre amour de la photographie argentique. Qu’est-ce qui vous anime tant dans ce procédé ? Et qu’est-ce qui vous empêche de sauter le pas du numérique ?
Florent CARDINAUX : Tout d’abord, «passer au numérique » n’est pas une fin en soi, dans toute forme d’art l’essentiel est de trouver les outils propres à ses besoins. L’évolution de la technologie nous force à sans cesse changer ces outils, faisant croire ainsi à de meilleurs résultats, tout en occultant le pouvoir de l’esprit du photographe. J’utilise personnellement des appareils simples et intuitifs en photographie, ayant un viseur large et clair, une roue de vitesses et une bague de diaphragme qui me suffisent amplement. Mais j’aime avant tout la production argentique, cette émulsion de gélatine sur laquelle sont couchés des milliards de cristaux d’halogénure d’argent, le film en soit. J’ai un rapport avec la Terre spécial, j’aime être ancré aux choses concrètes et avoir une diapositive entre les mains pour la regarder à la lumière d’une fenêtre, ou encore voir apparaître une image noir et blanc dans un bain de révélateur font partie de mes références. Savoir que mes images originales sont codées sous forme binaire n’aurait sans doute pas le même impact sur ma production. Ainsi les spécificités de l’argentique, basses sensibilités des pellicules le plus souvent de 50 ou 100 ISO, cadrage à 100 % sans grande possibilité de recadrage, savoir exposer et mettre au point du premier coup, toutes ces contraintes m’aident en fait à me dépasser et font partie d’un certain rituel dans ma démarche de création. J’ai essayé récemment quelques images avec un ancien numérique Nikon D200, j’avoue que je ne sens pas mes images de la même façon, le plus irritant étant sans doute les réglages dans les menus, une perte de temps qui vous déconcentre lors d’une séance de prise de vue, alors qu’avec mes boîtiers argentiques tous les réglages se font dans l’instant.

I&N : La qualité et la quantité de la production photographique est telle aujourd’hui qu’elle peut pousser certains photographes à franchir des barrières éthiques. Quel est votre ressenti par rapport à cette réalité qu’est l’éthique en photographie de nature ?
Florent CARDINAUX : Vaste sujet… Aujourd’hui, la recherche esthétique en photographie de nature conduit à une certaine dérive de l’éthique. On se permet de rajouter de la rosée ou de la pluie à l’aide d’un brumisateur, on change de place l’insecte pour le placer sur un support plus joli, on rajoute un fond de couleur, sans parler des multiples expositions et autres effets numériques.
Il m’est arrivé certes d’écarter une herbe zébrant le cadrage en arrière-plan, de titiller d’un brin d’herbe un insecte engourdi, mais je tiens à l’intégrité de mes sujets. Le peintre Gustave Courbet, célèbre pour sa représentation de la nature du Doubs, ma région natale, disait : « Dès que le beau est réel et visible, il a en lui-même son expression artistique. Mais l’artiste n’a pas le droit d’amplifier cette expression. Il ne peut y toucher qu’en risquant de la dénaturer, et par suite de l’affaiblir. » Je crois fermement à cette assertion, un photographe qui touche à l’état brut d’une scène lui fait perdre son pouvoir poétique. Mais je ne jette pas la pierre à ceux qui n’ont pas le même chemin de pensée que moi, en d’autres termes je ne suis pas intégriste, chacun est libre dans l’Art et libre de s’exprimer comme il l’entend, bien heureusement…

I&N : Ceux qui vous suivent savent que vous êtes un photographe de nature complet et qui n’a pas peur du noir et blanc. Quelle est votre démarche par rapport à tout cela ? Arrivez-vous à vous centrer sur des thèmes par saison ou bien évoluez-vous au fil de vos envies ?
Florent CARDINAUX : Je suis assez méthodique dans le choix de mes sorties. En général j’ai une idée de photo et pendant plusieurs jours voire plusieurs semaines je tente de la réaliser. Quand une opportunité se présente, notamment animalière, je mets tout mon temps disponible à son service car je sais que cela ne durera pas. Ainsi récemment j’ai trouvé des renardeaux, pendant plusieurs soirs j’ai passé plusieurs heures à les attendre au pied d’un arbre. Ayant remarqué que la terre était battue, j’ai « fait mon cadre » à 15 m avec le 300 F/2.8, en l’optimisant dans les moindres détails. Puis j’ai attendu que l’animal vienne s’y intégrer. Ce fut fait en couleur, mais en noir et blanc une seule occasion le deuxième soir se présenta. J’aime utiliser le négatif monochrome dans ces moments où le jour bascule dans la nuit, quand le temps se déroule sur un fragile fil d’équilibriste, quand l’aiguille dans le viseur de mon FE2 flirte avec la seconde de pose à 3200 ISO, là où la plupart des photographes ont déjà rangé leur boîtier. C’est ainsi que j’ai réalisé l’une de mes plus belles images, ce lynx sous un clair de lune…

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I&N : Pouvez-vous nous donner un petit aperçu de vos rendez-vous pour 2014 ?
Florent CARDINAUX : Vous pourrez retrouver mon exposition « Ombres d’ailes » lors de plusieurs festivals, notamment prochainement au festival de photo nature d’Ornans les 7 et 8 juin prochains et au festival du Ventoux du 17 au 20 juillet 2014. Les 11 et 12 Octobre l’exposition sera visible aux rencontres LPO Franche-Comté à Port-sur-Saône (70), les dédicaces seront possibles à cette occasion. Pour finir l’année 2014, l’exposition « Ombres d’ailes » prendra son envol pour le mois de Décembre à la Librairie « La boite de Pandore » à Lons-le-Saunier(39)… Vous pouvez également me retrouver lors de sessions de stages macro, paysages ou animalier dont le programme se trouve sur mon site internet et ma page artiste Facebook.

I&N : Un dernier mot ?
Florent CARDINAUX : J’aimerais dédier cet entretien à M. Laurent ROUBEY commercial à l’imprimerie moderne de l’Est (Baume-les-Dames, Doubs) qui a suivi la réalisation de mes deux livres, nous quittant brutalement  il y a quelques semaines. Homme proche de la Nature, il suivait un renard dans le fond de son terrain ; il m’avait conté les péripéties de sa relation avec cet animal qu’il respectait beaucoup. Je sais qu’il aimait mon travail, alors belles lumières dans l’au-delà, là où tu reposes maintenant Laurent…

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Retrouvez l’ensemble du travail de Florent CARDINAUX sur :
→ son site officiel : www.florentcardinaux.com
→ Facebook : www.facebook.com/pages/Florent-Cardinaux-Photographe/114340061947785

Retrouvez également le livre « Ombres d’ailes » sur :
→ Site de la maison d’édition : www.unmondelent.fr

2 réflexions au sujet de « Interview : Florent CARDINAUX »

  1. Une très belle interview d’ un photographe animalier que je suis depuis de nombreuses années. Bravo Florent pour l’ excellence de tes images et pour l’ approche de la photographie Nature.
    Bien amicalement

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