chauve-souris-01

La photographie de chauve-souris en hiver

Le mode de vie des Chauves-souris implique qu’elles puissent disposer de plusieurs types d’habitats au cours de l’année:
- Des territoires de chasse adaptés à leurs régimes alimentaires ;
- Des sites de « rencontres » entre individus et entre sexes différents
(printemps et automne) ;
- Un site de mise bas et d’élevage des jeunes ;
- Des sites aux conditions climatiques stables, pour hiberner.
A ceci il faut ajouter des « couloirs » de transits entre ces sites qui leurs soient favorables.

L’hibernation
Elle se déroule dans différents lieux : caves, grottes, mines, puits et autres cavités souterraines pour certaines espèces, mais d’autres préfèrent les cavités arboricoles, les ponts, fissures dans les murs ou les poutres, etc.. 

Barbastelle
Cette période de « non-activité » entraîne chez ces animaux des changements impressionnants :
- Leur température corporelle, autour de 39°C, descend à quelques degrés au-dessus de celle du milieu choisi et jusqu’à 5°C) en cas de besoin! ( un Grand Murin aurait été mesuré à 3.5°C) ;
- Le rythme cardiaque passe de 380 pulsations par minute (PPM) en moyenne à 50, voir 10 ;
- La respiration devient arythmique, l’animal réalisant des apnées entre chaque respiration de plusieurs dizaines de minutes (jusqu’à 90min). Du coup elle consomme 140 fois moins d’oxygène en moyenne.
Tout ceci démontre leur besoin de calme et de tranquillité.

Parlons un peu photo
La première photo de Chauve-souris date de 1891 et est l’œœuvre d’un Français, H. Gadeau.
Photographier les chauve-souris en phase d’hibernation doit se faire en connaissance de causes : quasiment aucune image ne peut être réalisée sans les déranger un minimum.
Le plus « stressant » est l’éclairage, et à plus forte raison le flash !

Rhinolophe et Murin

chauve-souris 04

Il faut donc limiter les éclairs de flash et toutes sources de lumière violente.
La première chose à faire est de prendre contact avec un « groupe chiroptère » local et participer à des sorties de comptage, histoire de découvrir les sites potentiels et la biologie de ces individus.
Si vous désirez quand même réaliser quelques images, une bonne préparation s’impose:
1/ On ne part jamais dans une cavité sans avoir prévenu quelqu’un du lieu ou vous allez et l’heure à laquelle  vous comptez revenir (en cas d’accident on saura où vous chercher…) ;
2/ Une fois sur place, la plus grande discrétion s’impose : pas de bruits, éclairer le moins possible la voûte et les fissures, et seulement avec un éclairage doux, si possible rouge (moins stressant pour les animaux, certaines lampes étant équipées de ce genre d’éclairage) ;
3/ Préparer votre matériel avant d’entrer : flashs et boîtiers fixés sur trépied, piles neuves, batteries chargées, carte mémoire vide. Faire un test d’éclairage sur une partie sans animaux pour peaufiner vos réglages est plus que conseillé! Si possible, éviter les changements d’objectifs, en faisant un test à l’entrée pour trouver la focale correspondant à la hauteur du site (idéalement le 70-200 ou focale approchant) ;
4/ Une seule photo par individu ou groupe, et le plus rapidement possible.

Murin
Mise au point et cadrage
Dans le cas d’un site où les animaux sont « assez » proches de vous, l’éclairage rouge devrait vous suffire pour la mise au point, ou pour l’aide de l’autofocus de votre boitier.
J’utilise une lampe frontale avec éclairage clair (2 puissances) ou rouge.
Dans le cas d’un site où la distance entre vous et l’animal est trop grande, utilisez une lampe scotchée sur le pare soleil de l’objectif, qui sert à éclairer l’animal. Il faut alors faire très vite pour ne pas déranger : mise au point et image dans la foulée (1 à 2 seconde maxi mum pour l’ensemble de la séquence).
Personnellement j’utilise deux flashs (sb 900 et sb600) sur pied et mon boitier sur un autre trépied.
Une dernière chose, cette pratique ne doit jamais favoriser l’image sur l’animal : si vous pensez que les animaux risquent d’être dérangés, ne faites pas de photos.
Si en éclairant un individu, vous le voyez bouger (tremblements, balancements, pattes qui se replient, etc…) passez votre chemin car vous risquez de le réveiller (les Rhinolophes et Barbastelles sont particulièrement sensibles aux éclairages).

Comme toute photo animalière, celle-ci ne doit  jamais déranger le sujet. Le réveil d’une chauve-souris en pleine hibernation pourrait entraîner sa mort.
Une dernière chose à prendre en compte est de ne pas réaliser plus d’une (ou deux) visites sur un site dans la saison.

chauve-souris 02

Patrick BRAULT

6 réflexions au sujet de « La photographie de chauve-souris en hiver »

  1. Effectivement bravo mille fois pour ce reportage un autre monde de vie tout a fait différent mais en lisant ce reportage ça me vient une question :tout le monde est au courant de la dangereuse maladie appeller mers c.-à-d. Medille East respiratoire syndrome qui tu un nombre important de personnes en Arabie saoudie le virus responsable s’appelle corona virus qui se trouve chez les chauves souris et il est très virulent et mortelle alors y’a t il une relation entre cette virulence et la chauve souris afin de faire des recherches en urgent pour trouver le traitement ou le vaccin car il y’a des personnes qui meurent dans tout le monde .merci

  2. Bravo Patrick pour ce reportage très instructif sur une espèce que je ne connais que trop peu.
    J’ ai également apprécié la déontologie a adopté pour qui s’ essaierait sur cet animal.

  3. tu as raison, les risques encourus sont réels, et c’est la raison pour laquelle j’insiste sur la rencontre de groupes chiroptères, et la limitation des visites et des photos.
    Ceci dit, même les comptages et recensements sont un risque pour les individus, mais si le respect des animaux est la première motivation, les risques sont nettement limités (mais jamais à zéro, effectivement).
    Pour les images illustrant ce dossier, je te rassure, aucune de celles qui étaient endormies n’a été réveillée, et je me suis concentré sur des individus isolés ou de tout petits groupes isolés.
    Enfin, la notion « d’hibernation » est quelquefois trompeuse, les chiroptères ne dormant profondément que lors des hivers vraiment froids, cette année par exemple, les comptages de janvier ont été perturbé car peu d’individus dormaient vraiment, et les vols étaient fréquents dans les cavités souterraines.

  4. Tout un monde qui m’est inconnu a moi aussi et c est avec grand intérêt que j ai lu ce petit reportage ! Du coup je m interroge sur certains points ..
    – Combien de temps peut durer l hibernation ?
    -Qu’est ce qui fait qu’a un moment donné elles vont sortir de cet « etat »?
    -Dans un groupe , se réveillent-elles toutes en même temps ?

    Les dessins sont magnifiques :)

  5. La photographie en hiver devrait tout simplement être proscrite pour le bien être et la sauvegarde de l’animal.
    L’utilisation du flash est de manière général (hibernation comme période d’activité) à proscrire.
    Un animal réveillé durant sa période d’hibernation brûlera de l’énergie qu’il ne pourra reconstituer faute d’insectes, c’est pratiquement l’assurance de le condamner.

    Pour rappel :
    Ces animaux sont protégés..
    [Depuis 1981, toutes les espèces de chauves-souris sont protégées en France, et de la même manière, dix espèces sont reconnues d’intérêt communautaire par la Directive Européenne « Habitats, Faune, Flore ». ]

  6. A chaque ligne j’ai appris quelque chose. En voilà un sujet peu couvert qui doit être plus qu’intéressant à travailler. Bravo pour le texte et les photos, c’est un monde qui m’est totalement inconnu, je suis donc impressionné.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>